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La Question des maladies cardiovasculaires - Entretien avec le Dr Marie Solange NDOM

 Publié le 24/09/2019 à 08:09

Par La Rédaction Commercial Bank

 

Les maladies cardiovasculaires font un nombre sans cesse croissant de victimes à mesure que le temps avance. Le sédentarisme, l’activité physique réduite et les habitudes alimentaires à la dérive contribuent à la dégradation de l’état de santé général, rendant ainsi l’organisme plus susceptible de succomber à diverses maladies.

La rédaction est allée à la rencontre du Dr Marie Solange NDOM épouse EBONGUE, qui nous entretient ce jour sur les maladies cardiovasculaires. Cardiologue et membre de la Société Camerounaise de Cardiologie, elle est diplômée de la Faculté de Médecine et des Sciences Biomédicales de Yaoundé et diplômée de Spécialité de la Faculté de Médecine et de Pharmacie de Rabat.

En service à l’Hôpital Laquintinie de Douala, le Dr NDOM est également Présidente du Bureau régional du Littoral de MEDCAMER (Médecins du Cameroun).

Dr NDOM, merci de nous accorder cette interview.

C’est quoi une maladie cardiovasculaire ?

C’est une maladie qui touche le cœur et les vaisseaux sanguins.

Il peut s’agir de :

  • Maladies coronariennes, elles concernent les vaisseaux qui apportent le sang au cœur, la plus connue est l’infarctus du myocarde, encore appelée « Crise cardiaque »; douleur intense et prolongée au niveau de la poitrine et irradiant vers le cou ou le bras gauche. Il peut également s’agir d’une angine de poitrine, « angor d’effort»,  caractérisée par une douleur thoracique qui survient à l’effort et qui est calmée par l’arrêt de l’effort.
  • Accidents vasculaires cérébraux (AVC)  qui touchent les vaisseaux du cerveau. On parle d’AVC hémorragique, lorsque qu’un vaisseau se rompt et d’AVC ischémique, lorsqu’un vaisseau sanguin se bouche. Il peut  se manifester par une perte brutale de la parole ou des difficultés à articuler ou encore par la perte de l’usage d’un côté de son corps…
  • Insuffisance cardiaque qui se traduit par une incapacité du cœur à pomper suffisamment de sang pour répondre aux besoins de l'organisme. Elle peut se traduire par un essoufflement à l’effort puis au repos et parfois associée à des œdèmes des membres inférieurs (les pieds qui enflent).
  • Pathologies vasculaires périphériques : insuffisance rénale.

Quelles sont les causes les plus connues de ces maladies ?

Ces maladies sont causées par l’ « athérosclérose », une accumulation de graisses au niveau de la paroi des artères qui va la fragiliser et entrainer une cascade d’évènements péjoratifs pour les artères et les organes qu’elles vascularisent. Ce phénomène est favorisé par la présence de facteurs appelés facteurs de risques cardiovasculaires dont les majeurs sont :

  • l’Hypertension artérielle (HTA) : Pression avec laquelle le sang circule dans les  artères, supérieure à 140/90 mmHg,
  • le Diabète : un taux de sucre dans le sang à jeun supérieur à plusieurs reprises à 1,26g/l
  • l’Obésité : un excès de poids par augmentation de la masse du tissu graisseux,
  • les dyslipidémies : taux de mauvais cholestérol élevé (mauvaise graisse),
  • le tabagisme aussi bien pour le fumeur que pour son entourage
  • le manque d’activité physique
  • la consommation excessive d’alcool.
  • le stress
  • l’âge avancé (60 ans pour les femmes et 50 ans pour les hommes)

Quelles peuvent être les conséquences des maladies cardiovasculaires dans la vie de l’individu moyen ?

Les maladies cardiovasculaires représentent la première cause de mortalité dans le monde.

Sur le plan individuel, les maladies cardiovasculaires altèrent la qualité de vie, les performances physiques et diminuent l’espérance de vie.

Prenons par exemple l’AVC qui peut entrainer un handicap moteur, la victime peut être paralysée, devenir inapte à son activité professionnelle, devenir un poids pour sa famille, et pour la  société.

Quelle est la prévalence des maladies cardiovasculaires au Cameroun ?

Les maladies cardiovasculaires représentent la première cause de décès dans le monde.

La prévalence de l’hypertension artérielle est d’environ 30%, soit environ 1 adulte camerounais sur 3 est hypertendu. La prévalence du Diabète est de 6%, mais c’est la première cause d’amputation, de cécité…

Quelles sont les mesures à prendre une fois diagnostiqué ?

Une fois que le diagnostic d’une maladie est posé, il faut éviter qu’elle évolue vers les complications. Ceci passe par un respect strict de son traitement d’une part et le respect des mesures hygiéno-diététiques : alimentation pauvre en sel, en sucre, en graisse et en alcool. Il faudrait favoriser la consommation des fruits et légumes, une activité physique régulière adaptée à la performance individuelle, éviter l’obésité.

Peut-on anticiper sur la survenue d’une telle maladie ?

Oui, 80% de ces maladies sont évitables, par une hygiène de vie correcte. Nous l’avons vu plus haut.

Un dernier mot ?

Prévenir vaut mieux que guérir et je vous remercie de nous donner la possibilité de parler de la prévention des maladies cardiovasculaires. C’est également l’occasion d’inviter chacun de vous à faire un dépistage de ces tueurs silencieux : HTA, Diabète… d’arrêter de fumer, de manger équilibré et de faire du sport.

Je vais également remercier la Direction de Commercial Bank qui a accepté d’accompagner la Société Camerounaise de Cardiologie dans sa lutte contre les maladies cardio-vasculaires.

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